Archives mensuelles : août 2016

Juré d’assises de P.M ABADIE

Témoignage d’une expérience citoyenne et humaine.

  • Le résumé de Daniel Telliez : Ce livre retrace, à partir d’une expérience personnelle, le vécu d’un juré d assise. Entre les deux séquences, l’ouvrage décrit la liturgie d’un procès telle que la vie un juré au travers de ses droits et devoirs. Il fait bien sûr ressortir aussi l ‘expérience humaine que constitue la vie en vase clos d un jury avec les phénomènes de groupe qui l accompagnent. Mr Abadie insiste, enfin, sur les paramètres qui génèrent et conditionnent « l’intime conviction ».

 

  • L’auteur : P.M ABADIE est né en Septembre 1945. Diplômé de l’université américaine de Yale, de Sciences-Po et de Droit, il a effectué toute sa carrière à la Banque de France. Affecté aux affaires internationales, il a réalisé de nombreuses missions d’assistance technique dans les pays émergents. Sélectionné à quatre reprises pour être juré d’assise, P.M Abadie décrit la liturgie d’un procès dans ce livre témoignage.

 

  • Ce que Daniel Telliez en pense : « Un acteur clandestin » engagé dans une pièce dont « le premier acte débute dans la solennité et le malaise ». C’est ainsi que s’est senti Pierre-Marie Abadie lorsqu’il a siégé pour la première fois en tant que juré à un procès d’assises. P.M Abadie exprime néanmoins à quel point il ne s’agit pas que d’une expérience qui s’arrête au bout des trois semaines et quatre procès qu’il a suivis : « On ne sort pas indemne de cette expérience qui condamne « à perpétuité » à considérer la vie autrement et peut-être les gens différemment aussi. ». L’auteur partage son expérience avec un sens aigu de la description, toutefois, sans oublier l’obligation de réserve des jurés. J’ai néanmoins trouvé que certains passages manquaient de précisions. On reste un peu sur sa « faim ». C’est un ouvrage qui m’a tout de même plu à lire. Je conclurais avec une citation d’André Malraux : « Juger c’est ne pas comprendre, car si l’on comprenait on ne pourrait pas juger. »
Publicités

Le procès des étoiles

Un récit d’aventures historiques très prenant.

le procès des étoiles

  • Le résumé de Daniel Telliez : récit d’un voyage extraordinaire et véridique à travers l’Amérique du Sud du milieu du XVIIIe siècle. Pierre Bourger, mathématicien et astronome, Louis Godin, mathématicien, Joseph de Jussieu, médecin et naturaliste, Charles de la Condamine, géographe, membres de l’Académie royale des sciences de Paris entreprennent en 1735 un voyage au Pérou et en Équateur pour mesurer un arc du méridien terrestre. Véritable découverte d’un pays étrange, cette expédition est marquée par la méfiance qu’ils inspirent aux colons espagnols, ils sont soupçonnés d’être des espions, et l’accueil exceptionnel des créoles. Au fil des pages, les mythes se désacralisent d’eux-mêmes. Le bon sauvage adulé en Europe est exploité corps et sang et leur mission idéaliste et courageuse s’avère être un calvaire. Ces savants vont peu à peu s’entre-déchirer. Jalousie, folie, passion, rupture avec l’Académie des sciences… Finis les rêves, l’expédition se transforme en cauchemar. Document passionnant, ce récit rend compte de manière admirable de cette folle aventure.

 

  • L’auteur : Florence Trystram
    Historienne de formation, Florence Trystram est passionnée par l’histoire des sciences et des techniques. Spécialisée dans les voyages et l’aventure, elle a publié une dizaine d’ouvrages, parmi lesquels Terre ! Terre ! une histoire des géographes et de la géographie. Elle a collaboré à l’émission de France Culture Panorama.

 

  • Ce que Daniel Telliez en pense : Un récit palpitant comme un roman d’aventures. On a une approche historique de ce que pouvait être la colonisation et le siècle des lumières. Un ouvrage époustouflant, très bien documenté et qui montre le courage et l’acharnement de grands savants, loin de leur patrie, mais aussi les faiblesses et travers de ceux qui restent malgré tout des hommes. C’est un magnifique récit que nous livre l’auteur. Un style d’une parfaite fluidité dont la qualité nous donne souvent l’impression de suivre une œuvre romanesque. Je vous le recommande vivement.

Au tribunal de mon père

Sublime !

L’auteur : Né près de Varsovie en 1904 et mort à Miami en 1991, Isaac Bashevis Singer a écrit en yiddish plus de quarante romans, recueils de nouvelles, souvenirs et contes pour enfants, couronnés par le prix Nobel de littérature en 1978.

Le tribunal de mon pere

  • Le résumé de Daniel Telliez : Il existe en ce monde certains individus très étranges dont les pensées sont encore plus étranges qu’eux. Dans notre maison de Varsovie, au 10, rue Krochmalna, vivait un couple âgé. C’étaient des gens simples. Lui devait être artisan, ou peut-être colporteur. Ils avaient déjà marié tous leurs enfants. Mais les voisins racontaient que, malgré leur âge avancé, ces deux-là étaient toujours amoureux l’un de l’autre… Or soudain, une rumeur se mit à circuler qui scandalisa tout le monde : les deux vieillards allaient divorcer ! La rue Krochmalna était sens dessus dessous… Isaac Bashevis Singer nous raconte ici ses souvenirs d’enfance dans la Varsovie juive d’autrefois. Son père, rabbin, était juge et arbitre des petits et grands problèmes qui se posaient quotidiennement au sein de la communauté. Tout se passait dans le minuscule appartement des Singer, entre le bureau encombré de livres et la cuisine où règnait Bathsheba, la mère au regard perçant et au solide bon sens. À n’importe quel moment on entrait pour discuter, se plaindre, crier, pleurer, demander conseil ou simplement bavarder un peu. Dans l’embrasure de la porte, un petit garçon écoutait avec passion, ignorant que ce qu’il entendait deviendrait la matière même d’une des plus grandes œuvres littéraires du XXe siècle. Au tribunal de mon père, enfin réédité, nous en donne toutes les clés et en contient les racines les plus profondes.
  • Ce que Daniel Telliez en pense : Magnifique ! Le tribunal de mon père est un mélange de tribunal religieux, mais aussi de synagogue ou de cabinet de psychanalyse où les gens viennent se confier.
    Les personnages sont colorés, attendrissants, souvent drôle, mais tellement réels. Les tranches de vie rapportées par l’auteur suscitent tantôt le rire, tantôt l’attendrissement, l’émotion, parfois tout en même temps. Il s’agit de l’histoire de gens simples, plutôt pieux en général, attachés à leur culture et qui ne demandent qu’à vivre paisiblement dans le respect de la Thora, ce qui ne se fait pas sans difficultés compte tenu des contradictions humaines et des problèmes cornéliens qui surviennent au quotidien …Ce livre sert aussi de mémoire, de monument littéraire à tous ceux qui sont mort en martyrs pendant la deuxième guerre mondiale.Un petit bijou de finesse, d’humanisme et d’humour. Un réel plaisir