Archives du mot-clé DANIEL TELLIEZ

Faux numéro

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  • Le résumé de Daniel Telliez : Pierrette a été invitée à passer les vacances de Pâques avec son amie Lolo, chez la tante de celle-ci, à Deauville. Il y a là Albert, le frère aîné de Lolo, qui est la vraie raison pour laquelle Pierrette est venue, mais soit il ne le sait pas, soit il s’en moque comme de sa première chaussette. Il y a aussi Noé, l’autre frère de Lolo, qui a la particularité de ne prononcer que des moitiés de mots. Et il y a Poussin, la petite sœur de Pierrette. Et Globule, le chien, avec ses nombreuses colonies de puces. C’est tout? Non. Il y a aussi le mystérieux inconnu qui ne cesse de téléphoner chez les voisins, alors que la maison est vide. Pierrette est terriblement intriguée par cette sonnerie incessante. Un jour, elle n’y tient plus, elle se faufile à l’intérieur par une fenêtre restée ouverte et décroche. C’est un petit geste qui va sérieusement chambouler ses vacances.
  • L’auteur : Malika Ferdjoukh est une écrivain français d’origine algérienne.Elle a fait ses études au lycée Rocroy-Saint-Léon, elle a suivit des cours à la Sorbonne. Elle vit à Paris et a travaillé dans un hôpital pour enfants avant de se lancer dans l’écriture. Elle est passionnée de cinéma américain et adore par dessus tout les comédies-musicales, elle écrit des scénarios pour la télé et le cinéma. Elle écrit des romans jeunesse qui sont traduits en une dizaine de langues dont le japonais, l’allemand, l’espagnol, l’italien. Elle est membre de l’Association 813 (Association des Amis des Littératures Policières) et sociétaire de la Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques (S.A.C.D.).
  • Ce que Daniel Telliez en pense : Pierrette est une demoiselle de douze ans très attachante. Amoureuse d’Albert, le grand frère de Lolo sa meilleure amie, elle espère en secret qu’il la remarque. Albert occupe toutes ses pensées mais elle ne sait pas trop quoi faire pour qu’il la remarque, d’ailleurs, elle ne sait même pas si il connaît son prénom. Et puis, un jour, une sonnerie de téléphone vient tout changer. Qui peut donc appeler sans cesse chez les voisins pourtant absents? Cela tape tellement sur les nerfs de notre jeune amie que, n’y tenant plus, elle se faufile dans la maison et se risque à répondre. Ce geste va faire basculer ses vacances d’une façon totalement inattendue… J’ai beaucoup aimé ce livre. Si les prénoms ne correspondent plus trop à ceux d’aujourd’hui, cette histoire est universelle et traverse sans mal les générations. L’écriture de Malika Ferdjoukh est toujours aussi agréable et pleine d’amour et ça tombe bien puisque c’est le sujet du livre… Cette lecture est tendre et fraîche. Pierrette illustre si bien l’expression « l’amour rend aveugle »… Elle passerait à côté de ses vacances sans cet élément imprévu et bienvenu.
    Une belle découverte qui réchauffe le coeur en cette période hivernale!
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LES GENIES DE L’ARNAQUE

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  • Le résumé de Daniel Telliez : Comment vendre de faux Toulouse-Lautrec presque aussi cher que des vrais – en toute légalité ? Comment obtenir d’un souverain étranger plusieurs centaines de dollars pour des lunettes de soleil bon marché ? Comment trouver acquéreurs pour des appartements de deux ou trois pièces…
    au Paradis ? Avec son fabuleux talent de conteur, l’animateur-vedette de télévision et de radio, auteur des Dossiers extraordinaires et de L’Année criminelle, nous fait revivre ici quatre-vingts histoires authentiques qui sont autant de chefs-d’œuvre de l’escroquerie. Chefs-d’œuvre ? Oui, le mot n’est pas trop fort, même si la morale est loin d’être toujours sauve. Ces  » génies de l’arnaque nous fascinent par leur astuce et par leur audace, en même temps qu’ils tendent un miroir à la bêtise et à la crédulité humaines.
  • L’auteur : Pierre Bellemare, né le 21 octobre 1929 à Boulogne-Billancourt est un écrivain, homme de radio, animateur et producteur de télévision français. Son père vendait des livres d’art.Introduit par Pierre Hiegel en 1948 dans une société privée de radiodiffusion, Radio Service, il devient régisseur puis metteur en ondes. Dès 1954, il produit et anime des émissions nombreuses, à la radio et à la télévision. Il commence par Radio Luxembourg, puis rejoint Europe n°1 en 1954. En 1955, Jacques Antoine lui propose d’animer l’émission Vous êtes formidables. Après cela, le succès ne va plus se démentir : La Tête et les jambes, Pas une seconde à perdre, Les Dossiers extraordinaires, Les Dossiers d’Interpol, Histoires vraies etc. Au cours de sa longue carrière, il fera, comme animateur et comme producteur des émissions pour tous les postes périphériques, pour l’ORTF, Antenne 2, TF1 et FR3, M6, les chaines du câble…

    En 1958 il fonde la société de production TECIPRESS (Télé / cinéma / presse). Pierre Bellemare « raconte des histoires » insolites lors de ses émissions radiophoniques. S’associant à d’autres journalistes ou écrivains dont Marie-Thérèse Cuny, il a publié une quarantaine de recueils de récits extraordinaires : C’est arrivé un jour, Suspens, L’Année criminelle, Les Amants diaboliques, Les Dossiers d’Interpol, Histoires vraies etc. Beaucoup de ces récits sont glanés dans les dossiers historiques de la presse quotidienne d’Outre-Manche, où le genre fait partie de la tradition. Pierre Bellemare présente Les enquêtes impossibles, sur RTL9, tous les samedis soirs, émission présentant mystères et étrangetés.

  • Ce que Daniel Telliez en pense : Des génies de l’arnaque face à des génies dans la bêtise, tant certaines histoires sont à peine croyables. Certaines arnaques sont géniales, d’autres tellement grosses qu’on se demande comment elles ont pu fonctionner, et enfin, quelques-unes m’ont fait rire à haute voix.Ça se lit rapidement, un peu coupures de presse sur les bords, mais Bellemare romance juste ce qu’il faut pour que ce soit agréable à lire.

    Même si on se doute que parfois il invente un peu en rajoutant des détails aux personnages, ou des traits de caractères, des lignes de dialogues, qu’il rajoute un peu de piment en somme, c’est avant tout réjouissant de lire un tel récapitulatif des arnaques.

La septième victime

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  • Le résumé de Daniel Telliez : Anastasia Karmenskaïa, officier de la police de Moscou, est invitée à une émission télévisée en direct sur « Les femmes aux métiers extraordinaires » il faut dire qu’en Russie elles sont en tout et pour tout 3 officiers dans la brigade criminelle. Nastia convainc son amie Tatiana, juge d’instruction et auteur de romans policiers populaires, de la suivre dans l’aventure… A quelques minutes de la fin de l’émission, juste derrière un spectateur occupé à poser une question à Nastia, surgit une pancarte : « Puisque tu es si intelligente, devine où tu vas rencontrer la mort ». Quelques jours plus tard, Nadia, 42 ans, ancienne ballerine devenue alcoolique, est invitée chez Le Malade, ce drôle de type qui lui avait demandé de payer un gamin pour brandir la pancarte pendant l’émission, moyennant une somme rondelette. Il a l’air riche, même s’il est étrange, et Nadia se prend à rêver… Elle sera retrouvée morte peu après, dans la banlieue de Moscou, dans un bois. Qui peut bien menacer Nastia et Tatiana, et se débarrasser des témoins avec autant de brutalité ? Est-ce une vengeance ? Un amant éconduit, un délinquant fraîchement libéré ? Celui qu’elles ont surnommé Le Plaisantin est très sérieux. Il multiplie les victimes en laissant des indices derrière lui, comme pour narguer les enquêteurs. Pour éviter de devenir la septième victime, Nastia devra d’abord surmonter sa peur. Et si, malgré toute son intelligence, elle n’était pas à la hauteur de ce Plaisantin si mal nommé ?
  • L’auteure : Alexandra Marinina (Marina Anatolyevna Alexeyeva) est née dans une famille de juristes. Diplômée de jurisprudence, elle entre dans la police moscovite au sein de laquelle elle atteint le grade de lieutenant-colonel, et exerce pendant vingt ans les fonctions de criminologue au Ministère de l’Intérieur. Elle démissionne en 1996 pour se consacrer à sa carrière d’auteur.
  • Ce que Daniel Telliez en pense : Avec 25 polars au compteur, dont une petite dizaine seulement a été traduite en français, l’ancienne gradée de la milice de Moscou, reconvertie romancière, est une stakhanoviste qui écrit plus vite que son ombre. Son style s’en ressent d’ailleurs. Je ne connaissais pas cette auteure et c’est une très bonne découverte. En premier, la découverte de Moscou, de son univers, des difficultés et des atouts d’une société bien différente de la notre. C’est toujours agréable quand un policier nous plonge dans un univers qu’on ne connaît pas, qu’on apprend à découvrir.  La 7e victime est l’un des meilleurs livres de Marinina, parmi ceux parus en France, essentiellement pour ses aspects sociologiques et psychologiques. J’ai été un peu déçu par la fin mais ça reste un bon roman.

Appels téléphoniques

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  • Le résumé de Daniel Telliez : Un vieil écrivain argentin exilé en Espagne, rongé par la disparition de son fils, survit à force de concours littéraires.
    Une ancienne star du porno, agonisante dans une clinique de Nîmes se souvient de son amour pour Jack, atteint du sida. Un adolescent un peu marginal rencontre à Mexico un homme énigmatique, qui pourrait être un tueur, et se lie d’amitié avec lui. Un engagé espagnol, envoyé sur le front russe lors de la Seconde Guerre mondiale, se fait capturer par les partisans et, sous la torture, découvre que l’art sauve. Un écrivain sans talent, que tout semblait destiner à la collaboration, sauve de la déportation des hommes de lettres qui l’ignorent. En quatorze récits, fragments de biographies, d’autobiographie ou d’auto-fiction, Roberto Bolano compose un puzzle drôle et émouvant où nous est rappelé le caractère énigmatique de la condition humaine.
  • L’auteur : Roberto Bolaño est un poète et romancier chilien.Après avoir vécu au Mexique (depuis 1968) il retourne dans son pays d’origine au moment du coup d’État d’Augusto Pinochet (en 1973). Il y sera brièvement incarcéré. Revenu au Mexique en 1974, il fonde « l’infraréalisme », groupe littéraire d’avant-garde héritier de Dada et de la Beat Generation, entre autres.Vers la fin des années 70, il s’installe à Blanès, un village situé près de Barcelone, avec son épouse catalane et ses enfants, et exerce divers métiers, tels que vendeur de bijoux ou veilleur de nuit dans un camping. Il faut attendre le milieu des années 90 pour que son œuvre soit reconnue et qu’il soit perçu comme l’une des figures les plus importantes de la littérature hispano-américaine. « Héritier hétérodoxe de Borges, de Cortazar, de Artl, d’Onetti, à la fois poète et romancier, il saisit à bras le corps la littérature et l’histoire de sa génération, et est passé maître du brassage des registres, situations et personnages. » (Christian Bourgois). Il a reçu en 1997 le prix le plus important de son pays, le Prix Herralde en 1998, et le Prix Romulo Gallegos, le plus prestigieux d’Amérique latine, en 1999. Malade, il attendait une greffe du foie quand il est mort à Barcelone en 2003.
  • Ce que Daniel Telliez en pense :  14 nouvelles plutôt mélancoliques évoquant le sexe, les amours qui finissent, la prison, la folie, difficulté d’écrire…Ce recueil de Roberto Bolano, entre Chili et Espagne recèle des petits bijoux. La nouvelle  Enrique Martin est dédiée à Enrique Vila-Matas, mais c’est la nouvelle intitulée « Une aventure littéraire » qui m’a enthousiasmé. Cette nouvelle relate la relation entre deux écrivains. Un recueil émouvant sur les détours de la vie et de l’esprit. Les nouvelles de BOLAÑO sont souvent bizarres, parfois stupéfiantes, toujours touchantes. A lire.

C’est ainsi

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  • Le résumé de Daniel Telliez : Mécanicien de son état, Patrick Oxtoby, jeune homme taciturne et solitaire, profite d’une douloureuse rupture amoureuse pour fuir enfin un étouffant environnement familial, sa précieuse boîte à outils sous le bras. Invité par un lointain cousin garagiste à venir le seconder dans une petite ville côtière d’Irlande, il a pris une chambre avec vue sur la mer dans une pension tenue par Bridget, une jeune veuve qui entretient, avec les deux autres hommes qu’elle loge, des relations placées sous le signe d’une bonne humeur et d’un marivaudage gentiment frivoles qui suscitent chez le nouveau pensionnaire autant de jalousie que de silencieux mépris. Au garage, Patrick se montre sérieux et appliqué, donnant toute satisfaction à son cousin, un homme bienveillant quoique prompt à le mettre souvent au “chômage technique”, sans plus d’explications. Dès lors, perplexe et frustré, le jeune homme se retrouve à errer, solitaire dans un trou perdu et sinistre totalement dépourvu de distractions, à l’exception du café minable où il noue peu à peu une vague relation d’amitié avec Georgia, la jeune serveuse. C’est ce moment (de doute, d’inquiétude et, bientôt, de silencieuse déréliction) que choisit sa mère pour venir lui rendre, impromptue, une “petite visite”. Tétanisé par l’irruption dans sa nouvelle existence, tout décevante soit-elle, d’une figure maternelle dont il a honte, mais incapable d’exprimer les sentiments qui l’agitent, Oxtoby s’efforce de supporter cette intrusion du mieux qu’il peut cependant que la mère, indiscrète, encombrante, caquète et monologue, retraçant les grandes lignes d’un roman familial sur lequel on comprend aisément que le jeune homme ait désiré tirer un trait aussi définitif que possible. Sa mère enfin partie, Patrick espère retrouver ses marques mais une petite soirée festive organisée un soir par Bridget à la pension sous la pression des deux autres locataires déclenche la catastrophe : heurté dans ses sentiments inconscients pour la jeune femme, écœuré par l’horreur de la vulgarité masculine et l’accablante veulerie féminine dont il croit découvrir un édifiant aperçu ce soir-là, le mutique exilé opère un tragique passage à l’acte. Dans la cellule où il attend son procès, il a pour compagnon un certain Gardam, criminel endurci qui, se sachant “condamné à tuer”, se laisse obséder par l’idée du suicide. Gardam, le dur, considère “Ox” comme un assassin-amateur et se moque des craintes que celui-ci exprime quant au verdict qui va être prononcé à son encontre, incitant le jeune homme à mettre sa foi dans une relative et probable clémence des jurés. Mais, au moment du procès, le jeune homme se voit lâché par ses parents (notamment par son père) qui portent contre lui le plus accablant des témoignages et l’abandonnent à sa descente aux enfers dans l’univers carcéral. Récit bouleversant de l’échec infligé à un individu dans sa tentative désespérée pour changer de vie, C’est ainsi est un roman aussi puissant que perturbant où M. J. Hyland, dans le style épuré et percutant qui caractérise son écriture, met brillamment à contribution l’expérience de juriste et d’avocate qui a été la sienne. Fidèle à l’exploration des territoires de la solitude et de l’inadaptation déjà à l’œuvre dans ses deux premiers romans (Le Voyage de Lou et Dans tes yeux, finaliste du Man Booker Prize 2006) également publiés chez Actes Sud, M.J. Hyland brosse, à travers son protagoniste, le portrait d’une société impitoyable à l’égard des individus dont une longue indigence affective a rendu le langage inaudible, et qu’elle a durablement privés de toute possibilité de rencontrer enfin l’Autre, d’assouvir quelque aspiration que ce soit à faire communauté faute de savoir créer un lien avec leurs semblables.
  • L’auteur : Née en 1968 à Londres, de parents irlandais, M. J. Hyland a passé son enfance à Dublin et fait ses études supérieures (Lettres et Droit) à l’université de Melbourne, en Australie. Elle a, pendant plusieurs années, exercé la profession d’avocate. Son premier roman, Le Voyage de Lou (Actes Sud, 2005 ; Babel n° 1092 à paraître en février 2012), a figuré sur la dernière liste du Commonwealth Writers’ Prize 2003 et a été couronné, la même année, par le prix du Meilleur Jeune romancier australien. Son deuxième roman, Dans tes yeux (Actes Sud, 2006), chaleureusement salué par J. M. Coetzee, a figuré sur la dernière liste du prestigieux Man Booker Prize 2006. M. J. Hyland vit aujourd’hui en Angleterre, où elle anime des ateliers d’écriture au Centre for New Writing de l’Université de Manchester.
  • Ce que Daniel Telliez en pense : C’est un roman au style abrupte. On sent un jeune homme perdu, replié sur lui-même et ayant du mal à communiquer. Ce qui le conduira à l’acte fatal non prémédité mais prouvant tout son désarroi. Ce roman est le portrait de deux hommes qui ont commis un meurtre mais qui seraient bien incapable de plaider coupable car ils ne comprennent ni n’expliquent leur geste. Une tragédie digne de Sophocle où la lente descente spiralée d’un mésadapté chronique.  La fin reste ouverte, et c’est tant mieux. On lui souhaite, une fois la dernière page tournée, tout le bonheur qu’il a fini par mériter. Une réflexion approfondie sur l’âme humaine, sur le tournant que peut prendre une vie… Je le conseille vivement !

Le dernier message de Sandrine Madison

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  • Le résumé de Daniel Telliez : Sam et Sandrine Madison enseignent tous deux, elle l’histoire et lui la littérature, à l’université Coburn, en Géorgie. La nuit où Sandrine succombe à un mélange de vodka et de Demerol, on peut croire à un suicide. Le comportement singulier de Sam lui vaut cependant d’être accusé du meurtre de sa femme, malgré l’absence de preuve. Aux premières heures du procès, tout est envisageable: Sam semble sincèrement effondré et, à l’entendre, Sandrine avait de bonnes raisons de vouloir mourir. Pour autant, il n’est pas impensable qu’il l’ait tuée: plusieurs témoignages éclairent l’affaire d’un jour nouveau qui ne lui est pas favorable. Les souvenirs de l’accusé, qui se déploient en contrepoint des attaques du procureur et des arguments de l’avocat de la défense, brossent un paysage conjugal d’une extrême complexité, embrouillant le jugement du lecteur. Des deux conjoints, lequel a manipulé l’autre ?
  • L’auteur :Thomas H. Cook a enseigné l’anglais et l’histoire à Dekalb (GA) Community College de 1978 à 1981, et il est secrétaire de rédaction au magazine Atlanta. Son premier roman « Blood Innocents » a été publié en 1980. Cook vit avec sa famille à Cape Cod et à New York. Il a reçu l’Edgar Award en 1996 pour « The Chatham School Affair » et le Barry Award en 2006 pour « Red Leaves ». Son roman « Les feuilles mortes » est paru en France aux éditions Folio Policier en septembre 2010.
  • Ce que Daniel Telliez en pense : Passionnant. On vibre avec le suspect, personnage complexe, attachant et dont la carapace se fendille au fil des lignes. Roman psychologique plus que policier : on connaît l’accusé et la victime, mais meurtre ou suicide ? Thomas H. Cook utilise les codes du genre avec défilés de témoins, soupçons d’une communauté pour des notables qui ne vivent pas tout à fait comme les autres, mais il nous livre, au final, le compte rendu d’autopsie d’un couple qui s’est trop tôt résigné. Scènes de vie conjugale et formidable dissection de la vie à deux, le romancier s’interroge et nous interroge sur ce qui fait et défait un mariage, son roman devient alors furieusement romantique et déchirant. Merveilleusement écrit, plein de références littéraires et de précisions dans le vocabulaire, ce livre est un régal pour les amateurs de bonne littérature. On y trouve certes peu d’action, mais beaucoup d’introspection et de subtilité dans l’évolution de l’intrigue. Je le recommande vivement !

L’audience

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  • Le résumé de Daniel Telliez : Dans une petite ville du Texas, une jeune enseignante, mère de trois enfants, attend en silence le verdict de son procès.Qu’a-t-elle fait pour être traînée en justice, et risquer cinq ans de prison ferme ?
    Elle a entretenu des rapports sexuels avec quatre de ses élèves, tous majeurs. Un crime passible d’emprisonnement au Texas, depuis 2003.
    Mais pourquoi l’accusée, Deborah Aunus, s’obstine-t-elle à se taire ? Pourquoi son mari, combattant en Afghanistan, se montre-t-il si compréhensif ? Pourquoi les déclarations de sa mère l’accablent-elles ? Au fil d’un récit implacable, écrit d’une pointe sèche et précise, Oriane Jeancourt Galignani tient le journal de cet ahurissant procès où la vie privée d’une femme est livrée en pâture à la vindicte populaire, et sa liberté sexuelle pointée comme l’ennemie d’une société ultra puritaine. Construit à partir d’un fait divers qui a bouleversé l’Amérique, ce huis-clos haletant donne lieu à un roman aussi cru que dérangeant.
  • L’auteure : Oriane Jeancourt Galignani est journaliste à Philosophie Magazine et au Point ainsi que pour la télévision (émissions littéraires et documentaires sur Public Sénat, reportages pour Arte). Depuis 2011, elle est rédactrice en chef Littérature du magazine Transfuge et intervient dans La Matinale sur Canal +. Elle est franco -allemande.Elle est l’auteure d’un livre sur Sylvia Plath, « Mourir est un art, comme tout le reste » (Albin Michel, 2013), remarqué par plusieurs jurys, notamment celui du Prix de la Closerie des Lilas, du Prix de la Coupole, du Prix Montalembert et du Prix littéraire Québec-France. Il fait également partie des trois romans finalistes du Prix Québec-France Marie-Claire-Blais 2015 qui sera remis en avril 2015. Elle publie « L’audience » en 2014.
  • Ce que Daniel Telliez en pense : Prenant appui sur une affaire judiciaire survenue en 2012, l’affaire Brittni Colleps, Oriane Jeancourt Galignani bâtit un roman dense, cru, net. Un roman de prétoire, on assiste au procès et une étude mœurs. La vie rencognée dans une petite ville texane où tout le monde se connaît et s’épie. Un roman qui écarte le portrait psychologique. Deborah, sous le poids de son crime, devient la paria de la communauté en même temps que la bête de foire : enfin il se passe quelque chose à K. ! Face à elle, une horde moraliste, et non-moins voyeuriste, la condamne d’emblée, tout en s’excitant à écouter le récit de ses frasques sexuelles. Au-delà des condamnations hypocrites de la paisible ville de K., c’est une société dans son ensemble qui est autopsiée. Deborah Aunus risque la prison pour avoir couché avec des élèves pourtant majeurs, ce qui, sans être inspiré par le bon sens, ne relève pas d’un crime.
    Le récit montre, avec une ironie amère, l’absurdité de ce puritanisme outrancier : on apprend, par exemple, qu’une journaliste couvrant le procès a beaucoup « donné de sa personne » pour gravir les échelons, ou, mieux, que le juge marié succombe aux charmes de la procureure qui veut la tête de Deborah. Ce roman est cependant pour moi une vraie déception. Je m’attendais à autre chose de la part de cette rédactrice en chef. Aucun analyse véritable des personnages. Même en avançant dans le livre, on ne sait jamais vraiment pourquoi l’héroïne (à laquelle je ne me suis pas attaché) a besoin de se complaire dans la luxure avec des étudiants. Un roman qui m’a longtemps rebuté parce que je jugeais sa crudité gratuite, hors de propos, racoleuse. J’ai failli en abandonner plusieurs fois la lecture. Je l’ai finalement apprivoisé, très lentement. Après avoir refermé le livre, je cherche encore à comprendre cette femme inaccessible et paradoxale.

L’appel de l’ange

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  • Le résumé de Daniel Telliez : Dans leur téléphone, il y avait toute leur vie…
    New York. Aéroport Kennedy.
    Dans la salle d’embarquement bondée, un homme et une femme se télescopent. Madeline et Jonathan ne s’étaient jamais rencontrés, ils n’auraient jamais dû se revoir. Mais en ramassant leurs affaires, ils ont échangé leurs téléphones portables. Lorsqu’ils s’aperçoivent de leur méprise, ils sont séparés par 10 000 kilomètres : elle est fleuriste à Paris, il tient un restaurant à San Francisco.
    Cédant à la curiosité, chacun explore le contenu du téléphone de l’autre. Une double indiscrétion et une révélation : leurs vies sont liées par un secret qu’ils pensaient enterré à jamais…
  • L’auteur :Guillaume Musso est un écrivain français. Il est le frère de Valentin Musso, auteur de romans policiers.

    Il commence à écrire alors qu’il est étudiant. À l’âge de 19 ans, fasciné par les États-Unis, il séjourne quelques mois à New York où il travaille comme vendeur de crèmes glacées. En rentrant des États-Unis, il passe une licence de sciences économiques à l’Université de Nice, poursuit ses études à Montpellier et passe le CAPES de sciences économiques et sociales. De 1999 à 2003, il est professeur de sciences économiques et sociales au lycée Erckmann-Chatrian de Phalsbourg et formateur à l’IUFM de Lorraine. En septembre 2003, il intègre le Centre international de Valbonne où il enseignera au lycée les sciences économiques et Sociales pendant cinq ans.

    En mai 2001 paraît son premier roman, Skidamarink, un thriller en forme de jeu de piste débutant par le vol de La Joconde au musée du Louvre.

    Avec 1 710 500 exemplaires vendus en 2016, Guillaume Musso est pour la troisième année consécutive le romancier français le plus vendu. Ses livres sont traduits dans 36 langues et les ventes totales de ses romans dépassent les 18 millions d’exemplaires.

    En octobre 2009, succédant à Philippe Claudel, Daniel Picouly, François Morel, Daniel Pennac et Éric-Emmanuel Schmitt, il est l’auteur de la « dictée d’ELA », donnant le coup d’envoi de la campagne annuelle « Mets tes baskets et bats la maladie » pour lutter contre les leucodystrophies.

    En 2012, il est nommé chevalier de l’ordre des arts et lettres.

  • Ce que Daniel Telliez en pense : Il est tout simplement magnifique. L’histoire est tellement bien trouvé. Le jeu qui se crée entre Jonathan et Madeline est incroyable. Ils apprenent à se connaitre à travers le téléphone de l’autre. Cette histoire vous empeche de dormir ! Il faut savoir à tout prix la fin de l’histoire. Musso à fait un saut dans un autre univers et cela est très réussit ! Une comédie romantique menée sur fond de thriller. La relation à distance de Madeline, une fleuriste parisienne et de Jonathan, un restaurateur installé à San Francisco. Après s’être télescopés à l’aéroport de New York ils échangent malencontreusement leur portable. De retour chez eux, la Française et l’Américain ne peuvent s’empêcher de fouiller dans le téléphone de l’autre jusqu’à la découverte d’un secret qui les lie malgré eux…
    Musso prouve une nouvelle fois avec « L’appel de l’ange » qu’il est un auteur à succès. On imagine sans forcer l’adaptation cinématographique de cette douce comédie romantique…  Je me suis régalé de cette fabuleuse aventure qui peut arriver à n’importe qui t’entre nous. Musso est parti d’une action presque banale pour en faire tout une merveilleuse histoire surmontée d’une enquête très intéressante avec plusieurs données qui partent dans des sens différents. Je le recommande vivement !

Une victime idéale

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  • Le résumé de Daniel Telliez : Dans une petite ville du Yorkshire, des femmes qui se ressemblent sont retrouvées mortes. Leur point commun : elles sont toutes blondes aux yeux bleus. Ce tueur pas comme les autres cherche en chacune de ses victimes la femme parfaite, amante soumise et ménagère accomplie, avant de les massacrer avec la plus grande cruauté. Au moment où le meurtrier se prépare à fondre sur sa future proie, Tony Hill se retrouve au cœur de l’enquête mais cette fois sur le banc des accusés. Le célèbre profiler serait-il passé de l’autre côté du miroir ? Dans ce thriller psychologique à glacer le sang, le duo formé par Tony Hill et Carol Jordan est plus que jamais mis en péril.
  • L’auteur : À 17 ans, Val McDermid est la première étudiante d’une école publique écossaise à fréquenter le St hilda’s College à l’Université d’Oxford. Diplôme en poche, elle s’engage dans le journalisme pendant une quinzaine d’années à Glasgow et à Manchester. Engagée dans les mouvements de gauche et de contestation pendant l’ère Thatcher, elle amorce en 1984 l’écriture d’un roman policier qu’elle met trois ans à achever : le succès de Report for Murder détermine sa vocation littéraire.Son œuvre, qui développe les thèses féministes et engagées de l’auteur, compte trois séries policières aux héros récurrents distincts : Lindsay Gordon, une journaliste lesbienne apparue dans son tout premier roman, partage plusieurs points communs avec Val McDermid ; Kate Brannigan, une détective privée ; enfin, le Dr Tony Hill, profiler, et l’inspectrice Carol Jordan mènent des enquêtes dans des milieux particulièrement glauques et violents. Les romans de Val McDermid sont d’ailleurs associés au Tartan noir, une conjonction stylistique entre le roman noir et la culture écossaise. Val McDermid est aussi critique de littérature policière pour la presse écrite et, s’étant toujours intéressée à l’écriture dramatique, collabore à des émissions radiophoniques de la BBC.

     

  • Ce que Daniel Telliez en pense : Une enquête va ramener la police dans l’existence de Carol et elle va devoir intervenir dans l’enquête de Paula mcQuintyre et de Tony à la poursuite d’un pervers qui enlève des jeunes femmes blondes qui ressemblent un peu à Carol. Tony va être accusé par la nouvelle responsable de Bradfield d’être le coupable.Comme le précédent roman l’auteure joue sur la complexité des relations entre les personnages, leur psychologie. Tony et Caroll ne se parlent plus depuis l’affaire précédente. Le rythme du livre fait qu’il donne envie de le lire d’une traite. Un très bon suspens, l’évolution des personnages est intéressante et on a hâte de voir la suite. Cette série s’avère terriblement addictive. Un style toujours percutant qui insiste sur les tourments et travers de chacun des héros sur fond de crimes violents d’un pervers destructeur. Je le recommande, il faut cependant impérativement avoir lu les opus précédents, sinon on ne peut pas goûter la saveur de ce livre et de ses personnages.

Ma cabine téléphonique africaine

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  • Le résumé de Daniel Telliez : L’histoire de Bina, postier malien, courageux et débrouillard, qui a fait de Lieve Joris son (involontaire) sponsor et lui a dédié sa cabine téléphonique, inaugure ici une série de récits consacrés à l’Afrique (Mali, Congo, Tanzanie, Sénégal), au Proche-Orient (Égypte, Syrie) et à l’Europe de l’Est (Hongrie, Pologne en compagnie de l’écrivain Ryszard Kapuscinski). Comme toujours chez Lieve Joris, on est frappé par la densité des rencontres. Sans s’attarder sur les circonstances de ses voyages, elle privilégie la compréhension des destins. Curieuse, empathique, laissant le temps la rendre familière à ses interlocuteurs, l’auteure promène un regard attentif, toujours respectueux. Elle n’est jamais dupe mais elle n’est jamais juge. Les lieux où elle fait étape sont parfois sous le choc de bouleversements violents. La survie et la débrouille sont de règle. Par ce recueil où sont rassemblés de multiples portraits, Lieve Joris nous fait saisir à quel point les gens qu’elle croise, dispersés sous toutes les latitudes, luttent pour se construire, dans un champ d’obstacles, une vie digne des pages chaleureuses qu’elle leur consacre.
  • L’auteure : Lieve Joris née le (14 juin 1953 à Neerpelt, Belgique) est un écrivain belge de langue néerlandaise qui vit aux Pays-Bas depuis les années 70. Elle s’est spécialisée dans les récits de voyage – surtout en Afrique et au Moyen-Orient.

    Ses récits décrivent avec compassion mais sans complaisance la vie souvent difficile au Congo, au Mali ou en Syrie, etc. Chaque ouvrage nous fait partager ses impressions et ses observations avec un ton lucide et engagé.

  • Ce que Daniel Telliez en pense : Voici de courts récits passionnants, une vraie voyageuse qui nous communique ses expériences de séjours mais pas en hôtel club ! Dans ce très beau recueil de nouvelles, l’auteure nous fait voyager à travers plusieurs pays (Mali, Tanzanie, Egypte, Varsovie…) pour nous faire découvrir des façons de vivre, d’être ou de penser différentes des nôtres. Sa lecture est un voyage à travers les odeurs, les bruits et les lumières du monde. L’auteure est vraiment excellente dans la description des ambiances. Très instructif, drôle ou profond, selon les cas. A lire absolument !