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La septième victime

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  • Le résumé de Daniel Telliez : Anastasia Karmenskaïa, officier de la police de Moscou, est invitée à une émission télévisée en direct sur « Les femmes aux métiers extraordinaires » il faut dire qu’en Russie elles sont en tout et pour tout 3 officiers dans la brigade criminelle. Nastia convainc son amie Tatiana, juge d’instruction et auteur de romans policiers populaires, de la suivre dans l’aventure… A quelques minutes de la fin de l’émission, juste derrière un spectateur occupé à poser une question à Nastia, surgit une pancarte : « Puisque tu es si intelligente, devine où tu vas rencontrer la mort ». Quelques jours plus tard, Nadia, 42 ans, ancienne ballerine devenue alcoolique, est invitée chez Le Malade, ce drôle de type qui lui avait demandé de payer un gamin pour brandir la pancarte pendant l’émission, moyennant une somme rondelette. Il a l’air riche, même s’il est étrange, et Nadia se prend à rêver… Elle sera retrouvée morte peu après, dans la banlieue de Moscou, dans un bois. Qui peut bien menacer Nastia et Tatiana, et se débarrasser des témoins avec autant de brutalité ? Est-ce une vengeance ? Un amant éconduit, un délinquant fraîchement libéré ? Celui qu’elles ont surnommé Le Plaisantin est très sérieux. Il multiplie les victimes en laissant des indices derrière lui, comme pour narguer les enquêteurs. Pour éviter de devenir la septième victime, Nastia devra d’abord surmonter sa peur. Et si, malgré toute son intelligence, elle n’était pas à la hauteur de ce Plaisantin si mal nommé ?
  • L’auteure : Alexandra Marinina (Marina Anatolyevna Alexeyeva) est née dans une famille de juristes. Diplômée de jurisprudence, elle entre dans la police moscovite au sein de laquelle elle atteint le grade de lieutenant-colonel, et exerce pendant vingt ans les fonctions de criminologue au Ministère de l’Intérieur. Elle démissionne en 1996 pour se consacrer à sa carrière d’auteur.
  • Ce que Daniel Telliez en pense : Avec 25 polars au compteur, dont une petite dizaine seulement a été traduite en français, l’ancienne gradée de la milice de Moscou, reconvertie romancière, est une stakhanoviste qui écrit plus vite que son ombre. Son style s’en ressent d’ailleurs. Je ne connaissais pas cette auteure et c’est une très bonne découverte. En premier, la découverte de Moscou, de son univers, des difficultés et des atouts d’une société bien différente de la notre. C’est toujours agréable quand un policier nous plonge dans un univers qu’on ne connaît pas, qu’on apprend à découvrir.  La 7e victime est l’un des meilleurs livres de Marinina, parmi ceux parus en France, essentiellement pour ses aspects sociologiques et psychologiques. J’ai été un peu déçu par la fin mais ça reste un bon roman.
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L’audience

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  • Le résumé de Daniel Telliez : Dans une petite ville du Texas, une jeune enseignante, mère de trois enfants, attend en silence le verdict de son procès.Qu’a-t-elle fait pour être traînée en justice, et risquer cinq ans de prison ferme ?
    Elle a entretenu des rapports sexuels avec quatre de ses élèves, tous majeurs. Un crime passible d’emprisonnement au Texas, depuis 2003.
    Mais pourquoi l’accusée, Deborah Aunus, s’obstine-t-elle à se taire ? Pourquoi son mari, combattant en Afghanistan, se montre-t-il si compréhensif ? Pourquoi les déclarations de sa mère l’accablent-elles ? Au fil d’un récit implacable, écrit d’une pointe sèche et précise, Oriane Jeancourt Galignani tient le journal de cet ahurissant procès où la vie privée d’une femme est livrée en pâture à la vindicte populaire, et sa liberté sexuelle pointée comme l’ennemie d’une société ultra puritaine. Construit à partir d’un fait divers qui a bouleversé l’Amérique, ce huis-clos haletant donne lieu à un roman aussi cru que dérangeant.
  • L’auteure : Oriane Jeancourt Galignani est journaliste à Philosophie Magazine et au Point ainsi que pour la télévision (émissions littéraires et documentaires sur Public Sénat, reportages pour Arte). Depuis 2011, elle est rédactrice en chef Littérature du magazine Transfuge et intervient dans La Matinale sur Canal +. Elle est franco -allemande.Elle est l’auteure d’un livre sur Sylvia Plath, « Mourir est un art, comme tout le reste » (Albin Michel, 2013), remarqué par plusieurs jurys, notamment celui du Prix de la Closerie des Lilas, du Prix de la Coupole, du Prix Montalembert et du Prix littéraire Québec-France. Il fait également partie des trois romans finalistes du Prix Québec-France Marie-Claire-Blais 2015 qui sera remis en avril 2015. Elle publie « L’audience » en 2014.
  • Ce que Daniel Telliez en pense : Prenant appui sur une affaire judiciaire survenue en 2012, l’affaire Brittni Colleps, Oriane Jeancourt Galignani bâtit un roman dense, cru, net. Un roman de prétoire, on assiste au procès et une étude mœurs. La vie rencognée dans une petite ville texane où tout le monde se connaît et s’épie. Un roman qui écarte le portrait psychologique. Deborah, sous le poids de son crime, devient la paria de la communauté en même temps que la bête de foire : enfin il se passe quelque chose à K. ! Face à elle, une horde moraliste, et non-moins voyeuriste, la condamne d’emblée, tout en s’excitant à écouter le récit de ses frasques sexuelles. Au-delà des condamnations hypocrites de la paisible ville de K., c’est une société dans son ensemble qui est autopsiée. Deborah Aunus risque la prison pour avoir couché avec des élèves pourtant majeurs, ce qui, sans être inspiré par le bon sens, ne relève pas d’un crime.
    Le récit montre, avec une ironie amère, l’absurdité de ce puritanisme outrancier : on apprend, par exemple, qu’une journaliste couvrant le procès a beaucoup « donné de sa personne » pour gravir les échelons, ou, mieux, que le juge marié succombe aux charmes de la procureure qui veut la tête de Deborah. Ce roman est cependant pour moi une vraie déception. Je m’attendais à autre chose de la part de cette rédactrice en chef. Aucun analyse véritable des personnages. Même en avançant dans le livre, on ne sait jamais vraiment pourquoi l’héroïne (à laquelle je ne me suis pas attaché) a besoin de se complaire dans la luxure avec des étudiants. Un roman qui m’a longtemps rebuté parce que je jugeais sa crudité gratuite, hors de propos, racoleuse. J’ai failli en abandonner plusieurs fois la lecture. Je l’ai finalement apprivoisé, très lentement. Après avoir refermé le livre, je cherche encore à comprendre cette femme inaccessible et paradoxale.

Ma cabine téléphonique africaine

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  • Le résumé de Daniel Telliez : L’histoire de Bina, postier malien, courageux et débrouillard, qui a fait de Lieve Joris son (involontaire) sponsor et lui a dédié sa cabine téléphonique, inaugure ici une série de récits consacrés à l’Afrique (Mali, Congo, Tanzanie, Sénégal), au Proche-Orient (Égypte, Syrie) et à l’Europe de l’Est (Hongrie, Pologne en compagnie de l’écrivain Ryszard Kapuscinski). Comme toujours chez Lieve Joris, on est frappé par la densité des rencontres. Sans s’attarder sur les circonstances de ses voyages, elle privilégie la compréhension des destins. Curieuse, empathique, laissant le temps la rendre familière à ses interlocuteurs, l’auteure promène un regard attentif, toujours respectueux. Elle n’est jamais dupe mais elle n’est jamais juge. Les lieux où elle fait étape sont parfois sous le choc de bouleversements violents. La survie et la débrouille sont de règle. Par ce recueil où sont rassemblés de multiples portraits, Lieve Joris nous fait saisir à quel point les gens qu’elle croise, dispersés sous toutes les latitudes, luttent pour se construire, dans un champ d’obstacles, une vie digne des pages chaleureuses qu’elle leur consacre.
  • L’auteure : Lieve Joris née le (14 juin 1953 à Neerpelt, Belgique) est un écrivain belge de langue néerlandaise qui vit aux Pays-Bas depuis les années 70. Elle s’est spécialisée dans les récits de voyage – surtout en Afrique et au Moyen-Orient.

    Ses récits décrivent avec compassion mais sans complaisance la vie souvent difficile au Congo, au Mali ou en Syrie, etc. Chaque ouvrage nous fait partager ses impressions et ses observations avec un ton lucide et engagé.

  • Ce que Daniel Telliez en pense : Voici de courts récits passionnants, une vraie voyageuse qui nous communique ses expériences de séjours mais pas en hôtel club ! Dans ce très beau recueil de nouvelles, l’auteure nous fait voyager à travers plusieurs pays (Mali, Tanzanie, Egypte, Varsovie…) pour nous faire découvrir des façons de vivre, d’être ou de penser différentes des nôtres. Sa lecture est un voyage à travers les odeurs, les bruits et les lumières du monde. L’auteure est vraiment excellente dans la description des ambiances. Très instructif, drôle ou profond, selon les cas. A lire absolument !