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L’audience

laudience

  • Le résumé de Daniel Telliez : Dans une petite ville du Texas, une jeune enseignante, mère de trois enfants, attend en silence le verdict de son procès.Qu’a-t-elle fait pour être traînée en justice, et risquer cinq ans de prison ferme ?
    Elle a entretenu des rapports sexuels avec quatre de ses élèves, tous majeurs. Un crime passible d’emprisonnement au Texas, depuis 2003.
    Mais pourquoi l’accusée, Deborah Aunus, s’obstine-t-elle à se taire ? Pourquoi son mari, combattant en Afghanistan, se montre-t-il si compréhensif ? Pourquoi les déclarations de sa mère l’accablent-elles ? Au fil d’un récit implacable, écrit d’une pointe sèche et précise, Oriane Jeancourt Galignani tient le journal de cet ahurissant procès où la vie privée d’une femme est livrée en pâture à la vindicte populaire, et sa liberté sexuelle pointée comme l’ennemie d’une société ultra puritaine. Construit à partir d’un fait divers qui a bouleversé l’Amérique, ce huis-clos haletant donne lieu à un roman aussi cru que dérangeant.
  • L’auteure : Oriane Jeancourt Galignani est journaliste à Philosophie Magazine et au Point ainsi que pour la télévision (émissions littéraires et documentaires sur Public Sénat, reportages pour Arte). Depuis 2011, elle est rédactrice en chef Littérature du magazine Transfuge et intervient dans La Matinale sur Canal +. Elle est franco -allemande.Elle est l’auteure d’un livre sur Sylvia Plath, « Mourir est un art, comme tout le reste » (Albin Michel, 2013), remarqué par plusieurs jurys, notamment celui du Prix de la Closerie des Lilas, du Prix de la Coupole, du Prix Montalembert et du Prix littéraire Québec-France. Il fait également partie des trois romans finalistes du Prix Québec-France Marie-Claire-Blais 2015 qui sera remis en avril 2015. Elle publie « L’audience » en 2014.
  • Ce que Daniel Telliez en pense : Prenant appui sur une affaire judiciaire survenue en 2012, l’affaire Brittni Colleps, Oriane Jeancourt Galignani bâtit un roman dense, cru, net. Un roman de prétoire, on assiste au procès et une étude mœurs. La vie rencognée dans une petite ville texane où tout le monde se connaît et s’épie. Un roman qui écarte le portrait psychologique. Deborah, sous le poids de son crime, devient la paria de la communauté en même temps que la bête de foire : enfin il se passe quelque chose à K. ! Face à elle, une horde moraliste, et non-moins voyeuriste, la condamne d’emblée, tout en s’excitant à écouter le récit de ses frasques sexuelles. Au-delà des condamnations hypocrites de la paisible ville de K., c’est une société dans son ensemble qui est autopsiée. Deborah Aunus risque la prison pour avoir couché avec des élèves pourtant majeurs, ce qui, sans être inspiré par le bon sens, ne relève pas d’un crime.
    Le récit montre, avec une ironie amère, l’absurdité de ce puritanisme outrancier : on apprend, par exemple, qu’une journaliste couvrant le procès a beaucoup « donné de sa personne » pour gravir les échelons, ou, mieux, que le juge marié succombe aux charmes de la procureure qui veut la tête de Deborah. Ce roman est cependant pour moi une vraie déception. Je m’attendais à autre chose de la part de cette rédactrice en chef. Aucun analyse véritable des personnages. Même en avançant dans le livre, on ne sait jamais vraiment pourquoi l’héroïne (à laquelle je ne me suis pas attaché) a besoin de se complaire dans la luxure avec des étudiants. Un roman qui m’a longtemps rebuté parce que je jugeais sa crudité gratuite, hors de propos, racoleuse. J’ai failli en abandonner plusieurs fois la lecture. Je l’ai finalement apprivoisé, très lentement. Après avoir refermé le livre, je cherche encore à comprendre cette femme inaccessible et paradoxale.
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